Je m'appelle Bill... Bill Kaulitz, non, Bill Hoffman officiellement même si je me considère plus comme Bill Kaulitz. Je vais vous raconter mon histoire tragique qui a ouvert une cicatrice à jamais dans mon c½ur anéanti...
Le début de l'histoire, pas la peine de vous la raconter... A quoi bon ?
Dans la voiture, nous étions sur le sol même de celle-ci. Ma mère sanglotait et je me rappelle de l'avoir même entendu prier... Ils lui ordonnèrent d'arrêter, avec des coups de pieds. Elle serrait ma main très fort et moi, je ne comprenais pas vraiment, que peut-on comprendre à six ans ? Ils roulaient trop vite, beaucoup trop vite pour un temps où les routes sont gelées.
Une trentaine de minute après, la voiture pénétra dans un garage et on sortit. Nous ne savions pas où on était. Comment comprendre ? Ils nous montèrent au premier étage, et nous poussèrent dans la pièce qui nous servit de logis pendant huit ans.
Oui, pendant huit ans.
C'était une sorte de petite chambre avec un lit en fer et un matelas posé par terre. Il y avait aussi un petit bureau au bois, un minuscule canapé et une horloge cassée. Les murs étaient couverts de papier peint terne et la moquette était couverte de taches.
La première nuit dans cette chambre fut une des plus dures et des plus horribles de ma vie.
Cette nuit là, ils violèrent ma mère sans retenue, toute la nuit et à chaque fois qu'elle essayait de se défendre, ils me menaçaient et ma mère se taisait.
Pour ma part, j'étais replié dans un coin de la pièce, les bras entourant mes genoux, les yeux brillants d'horreurs et d'effroi d'où des larmes silencieuses s'échappaient continuellement, le corps tremblant comme une feuille. Je ne comprenais pas mais surtout j'avais trop peur de perdre ma mère. Après toute une nuit à la massacrer, ils s'avancèrent vers moi et virent que j'étais trop jeune pour « assouvir leurs désirs ». Ils crachèrent une dernière fois sur nous avant de partir, en verrouillant la porte...
Ces huit années sont passées lentement. On commença, au bout de quelques semaines, à s'habituer à ses conditions mais malgré moi, je savais très bien que ma mère était complètement anéantie : elle avait perdu sa famille, son mari chéri, l'un de ses fils... Mais elle restait forte pour moi, pour nous.
Malgré nos conditions misérables, elle continua mon éducation grâce aux livres que les ombres nous donnaient. Elle continua de m'apprendre à lire, à écrire puis elle me fit don de toute les connaissances que sa mémoire avait enregistrée depuis le début de sa vie. Elle passait de Charlemagne aux Beatles, me racontant entre deux guerres moyenâgeuses, l'engouement des fans pour le nouveau CD de Madonna. Elle voulait que son fils soit digne et intelligent, elle ne voulait pas d'un misérable captif qui se repli sur lui-même. Pendant ces huit années, elle continua à me transmettre son savoir jusqu'à la fin... Elle m'interdisait de croire en Dieu ou autres figures fabuleuses car s'il existait vraiment, il n'aurait pas laissé un tel drame se produire.
Les ombres revenaient chaque soir, violant un peu plus ma mère, me terrifiant un peu plus chaque soir...
J'avais neuf ans quand ils commencèrent à me toucher. Ils avaient attaché ma mère de telle sorte qu'elle puisse me voir... Je m'en rappelle, elle hurlait et pleurait si fort que même bâillonnée, on entendait sa peine. Au début c'était juste des attouchements puis, quelques semaines plus tard, ils passèrent à l'acte. J'avais subis, en silence, cette humiliation, ce déchirement et je tachais de rester digne car je savais que Tomi n'aimait pas les pleurnichards. Oh Tomi, qu'est-ce-qu'il me manquait...
Mais revenons à ma mère, c'était un peu comme mon ange gardien. Elle me faisait toujours passer avant elle, se rendant volontairement malade pour moi, en subissant des humiliations bien trop pénibles car elle refusait que je subisse à sa place.
On était tous les deux en sous-poids. Ils nous nourrissaient tous les soirs avec des restes, des plats réchauffés etc... Je gardais toute ma vie, cette silhouette ultrafine pour un homme, comme une cicatrice... Ma mère me donnait souvent sa part, pour que je sois un minimum en bonne santé. Elle se glissa volontairement dans l'anorexie juste pour que je mange ses assiettes. Je devais tout à ma maman. Elle me protégeait de tout, des ombres et quand ils me violaient, je pensais toujours à elle. J'avais même parfois l'impression de partager sa douleur...
Un jour, dans la sixième année, je tombais gravement malade à cause d'une intoxication alimentaire. Ma mère avait été obligée d'accepter de tourné des vidéos pornographiques en échanges de mes médicaments. Elle accepta sans hésiter...
J'aurai pu m'enfuir, j'avais eu de nombreuses occasions mais ma mère n'avait pas la force ni morale et physique pour me suivre et pour moi, il était inconcevable de l'abandonner. Elle s'était rendue gravement malade pour moi et jusqu'au dernier instant, jusqu'à son dernier souffle, je tachais d'être le fils le plus digne de toute cette terre.
J'avais toujours eu l'impression de vivre dans un cauchemar, dans l'enfer mais cette nuit, cette putain de nuit, je pus enfin qualifier le mot « douleur ».
Je venais d'avoir quatorze ans quand le drame refit surface. Comme chaque soir, ils ouvrirent la porte. Pour moi ma mère et moi, c'était devenu une affreuse routine. Chacun de nous deux était habitué, près, même si au fond, on saignait toujours un peu plus.
Ils m'attachèrent au lit. Ce n'était pas la première fois qu'ils faisaient ça. Ils me déshabillèrent bien vite. Ma mère était dans un coin de la pièce, tremblotante comme si c'était la première fois... Comme à chaque fois que c'était moi...
Joudain deux autres types rentrèrent dans la pièce et ils déshabillèrent ma mère avec violence, comme à l'habitude... Puis cette phrase qui était comme le commencement de la fin : « Suce-le. ». Ma mère avait d'abord écarquillé les yeux de terreurs et avait dit qu'elle ne me toucherait jamais. Ils commencèrent à la frapper, lui ordonnant leurs requêtes. Ma mère continuait à la décliner, malgré les coups de plus en plus violant. Je criais des « Maman ! Maman ! » mais rien ne pouvait arrêter leurs haines. Ma mère était malade, détruite par le chagrin, rongée par la souffrance, humiliée, elle n'en pouvait plus... Elle était au sol mais ils continuaient de la frapper encore plus fort. Elle palissait à vu d'½il. Je leur criai d'arrêter, de me frapper moi à la place mais quand j'entendis les derniers mots de ma mère, les dernières poussières de mon c½ur s'envolèrent avec le vent du désespoir :
« Je t'aime Bill...
N'oublis pas... On veille sur toi de là-haut...
Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, mon chéri... »
Les ombres avaient arrêté de la violenter... Mes yeux s'embuèrent de larmes... « Ma-maman... ». Je vis ses paupières se fermer, je vis pour la dernière fois ses prunelles chocolat-menthe comme mon père aimait les appeler et j'entendis pour la dernière fois son souffle.
Ma mère s'était éteinte, après huit ans de combat, me laissant seul avec mon désespoir. Je n'étais plus qu'un pauvre orphelin détruit par son propre bonheur.
J'hurlais ma douleur entre mes larmes... J'hurlais à ma mère de revenir.
Les ombres étaient silencieuses, puis un d'eux s'approcha. « Elle est morte. ». La fin. Le chaos.
Je vomissais tellement je pleurais. J'étais toujours attaché à ce putain de lit, nu. Puis soudain, les ombres commencèrent à m'accuser du meurtre de ma pauvre mère et la nuit qui s'en suivit fut la pire de toute mon existence. Ils me violèrent jusqu'à ce que j'en vomisse, ils enfonçaient des objets en moi si fort que je voyais le sang dégouliner sur mes cuisses. J'hurlais ma peine, ma douleur. Le corps de ma mère reposait à coté, témoin de ce spectacle macabre. Et quand je commençais à sombrer dans l'inconscience, ils me laissèrent enfin tranquille...
Je pris plus de deux heures à retrouver mes esprits. J'avais si mal aussi bien physiquement que moralement.
Soudain, je réalisais que je ne pouvais plus survivre, ici, sans ma mère alors je décidais de m'enfuir la nuit même.
Peu importe la douleur, peut-importe la fatigue, cela faisait huit ans que je vivais dans cet enfer et la seule lumière, le seul amour que j'avais venait de s'éteindre...
Je me rhabillais en vitesse, ignorant les taches de sang qui apparaissait sur mon pantalon puis avant de partir, j'embrassais tendrement ma mère, lui chuchotant que je l'aimais.
Puis le temps s'accéléra. Je brisa la vitre de l'unique fenêtre de la pièce et me glissa dans l'entrebâillement. Je n'avais pas beaucoup de temps. La nuit m'empêchait de voir la terre ferme. Soit je me tuais, soit je me sauvais. Je respirais un bon coup et sans aucune hésitation sauta dans le vide. Même si cette tentative m'aurait conduit à la mort, ça aurait été de toute façon mieux que cet enfer mais heureusement pour moi, j'atterrissais dans un buisson qui amortissa ma chute puis je commençais à courir ignorant mes larmes et ma douleur, ne me retournant que pour visualiser cette affreuse maison qui avait été témoin de mon malheur. Je courais sans relâche, manquant de m'étouffer à plusieurs reprises à cause du manque d'exercice. J'eus du mal à trouver des habitations car oui, c'était bien beau d'être libre mais il fallait aussi être en sécurité. Je ne me rendais pas bien compte que j'étais dehors, que je respirais de l'air frais et que la nuit et les étoiles étaient vraiment au dessus de ma tête, comme ma mère me l'avait souvent décrit. Enfin, les premières maisons d'un village apparurent et sans hésiter, je me ruais sur la porte de la première que je trouvais. Je tapais et enfin, un homme m'ouvrit. Je m'écroulais lamentablement au sol, inconscient. J'étais ce garçon trop grand pour son âge, le teint affreusement pale, le ventre trop plat, le pantalon immaculé de son propre sang sur le seuil de la porte, la neige tomba dans ses cheveux blond doucement...
L'homme appela immédiatement la police puis l'arrestation des ombres se fit très vite, mes traces de sang remontaient à mon piste... Je n'avais même pas remarqué que j'avais saigné...
Je me réveilla dans une chambre d'hôpital, ma mère me les avait décrites. Je paniquais, je ne connaissais personne... J'avais peur... C'était tous des ombres pour moi. On me donnait des calmants, je leur hurlais d'arrêter, de me laisser mourir tranquille... Pourtant, ils continuaient avec leur charabia de médecin qui me terrorisait encore plus... Un seul homme arriva à me calmer. C'était l'homme qui m'avait ouvert sa porte. Il s'appelait Peter Hoffman. Il travaillait dans la police lui aussi.
C'était un homme attentionné et sage. Un homme bien. Quand il m'avait vu, devant sa porte, il avait tout de suite eu pitié de moi. Il était dans l'impossibilité d'avoir des enfants et c'est peut-être ça qui l'a poussé à m'accueillir chez lui, l'hôpital ne me convenant pas. Les médecins l'avaient pourtant prévenu que ça risquer d'être pénible pour lui mais il s'en fichait.
Les premières nuits ont été dures ... Je pleurais, j'avais peur qu'il soit une des ombres, j'avais peur qu'ils me repénétrent, j'hurlais le nom de ma mère et cauchemardais sans cesse. Malgré cela, Peter resta à mon chevet, et grâce à une patience infinie, malgré mes coups et mes insultes, il arrivait à me rassurer. Puis, grâce au fil du temps, je m'habituais au lieu et aux bras de Peter que je ne repoussais plus.
Avant le début de ma nouvelle vie, je me devais faire une croix sur l'ancienne. L'enterrement de ma mère fut la plus pénible des épreuves. Je pleurais tellement que je m'étouffais à moitié dans mes sanglots. Elle repose en paix, maintenant, ma douce maman.
J'étais et suis toujours un garçon à jamais perturbé, qui a tout perdu... J'étais un garçon silencieux, timide, craintif, toujours dans les nuages, dans sa bulle... Je ne faisais qu'écrire encore et encore...
Je vus et revus des centaines de psychologues et psychiatres, des nutritionnistes et tout un tas d'adultes qui ne faisaient que m'enfoncer dans ma douleur en me faisaient croire que j'étais malade.
Au bout de 1 an et demi, Peter m'adopta. C'était le seul homme en qui j'avais confiance et qui me comprenait, les autres, pour moi, n'étaient que des ombres menaçantes.
J'avais peur de la nuit comme du jour, je ne sortais que très peu de chez moi, prenais des cours par correspondance, ne parlais très peu, ne mangeais très peu puis au fils du temps je me forgeais un look original... Je me demanderais toujours ce que Peter a pu me trouver... Je n'ai jamais appelé Peter « papa », je ne pourrais jamais, je l'appelais « Pet' » et ça lui convenait très bien.
Mon adolescence se déroula ainsi, la seule chose que j'aimais, c'était le chant. Je vivais pour ça, je composais, je chantais. Quand Peter partait il m'entendait chanter et à son retour aussi. Il me disait que j'avais du talent comme si la tristesse et la souffrance inspiraient à l'auteur. Je ne me sentais bien que là-dedans malgré que mes excellent résultats scolaire soient remarquables. Ma mère m'avait bien éduqué et je n'avais pas vraiment de retard malgré que je n'aie pas suivi le programme scolaire traditionnel.
Les années passèrent, je prenais confiance en n'oubliant pas mes racines. Je ne savais pas encore vraiment sourire mais je faisais des efforts.
15...18... 20 ans...
Je devenais peu à peu un homme ou plutôt jeune homme, qui vivait bien sa solitude et son univers peint de noir mais tacheter de blanc.
J'étais devenu majeur sans vraiment m'en rendre compte, j'étais encore tellement dépendant de Peter puis à 20 ans, je réalisais, un beau jour, la situation dans laquelle j'étais : je mettais volontairement coupé du monde, radotant le couteau dans la plaie au mieux de la laisser cicatriser. Je voulais changer, m'ouvrir aux mondes, les dernières paroles de ma mère étaient gravées dans mon c½ur à jamais, encrées au plus profond de ma chaire. Je pris une décision sur un coup de tête mais que je m'obligeais à tenir : entrer dans l'école d'art la plus prestigieuse d'Allemagne. Peter avait été fou de joie en apprenant ma décision : pas qu'il est envie de me quitter mais il était tellement heureux que je me reprenne en main après toutes ses vaines tentatives pour m'inscrire dans une école de mon choix.
Je passais les concours d'entré sans problème. La rentrée commençait en septembre, j'avais le temps. J'étais inconscient, je ne mesurais pas l'ampleur de mes actes et c'était presque heureux que j'allais voir une dernière fois ma mère, au cimetière. Je m'étais assis à coté du carré de terre et lui parla gaiment :
- Maman ! Maman ! Tu sais que j'ai réussie le concours d'entré ? Je vais entrer dans la filière chant. J'ai décidé qu'il fallait surmonter tous ça. C'est même toi qui me l'as dit quand on était là-bas. Sauf que... le problème c'est que c'est à Berlin mais t'inquiètes pas c'est à peine deux heures d'ici. Peter m'accompagne jusque là-bas, c'est cool, en plus je n'y suis jamais allé et je suis dans l'internat, il parait qu'il est bien... Et après je serais là bas, tout seul mais je reviendrais te voir dès que je le pourrais. Oups... Pet' m'appelle, dis à Tomi et à Papa que je les aime fort. Je t'aime.
J'embrassais doucement la tombe de ma mère et courus rejoindre Pet' qui m'attendait à l'entrée. Il m'avait interrompue car il savait que ces discussion pouvaient être interminables. Il rentrait du boulot et avait encore son uniforme. Il me racontait sa journée pendant que moi, je pensais à ma famille passée. Je n'avais jamais vu les tombes de mon frère et de mon père, on me l'avait d'ailleurs interdit, la rechute étant trop risquée. Et puis moi-même, je n'étais pas sur de vouloir vraiment les revoir.
- Hé, Bill...
- Hum ?
- T'as commencé tes bagages, tu pars dans deux jours, je te signale.
- Ouais, ouais.
Les deux jours passèrent rapidement et le matin du jour du départ, je commençais déjà à regretter... Etais-je prêt ? Aurais-je le courage ? Oui, pour ma mère, j'avais décidé que je l'aurais. On chargea les bagages et on se retrouva dans ce train... Ce n'était pas loin pourtant. J'étais songeur, une boule s'était formée dans mon estomac, j'allais enfin découvrir la vie, la vraie...
- Bill, ça va ?
Pet' me regardait d'un air inquiet.
- Oui, oui.
- Je suis tellement fière de toi mon grand. Et t'inquiète pas, pour quoi se soit, appelle moi et je rapplique.
Je lui offrais un faux sourire pendant qu'il m'ébouriffait mes cheveux...
- Hé ! Ma coiffure !
A cette époque, j'avais les cheveux teints de noirs. J'étais grand, fin et pas très musclé synonyme de ces huit ans de galère... Mes yeux étaient fardés de noir, j'aimais me maquiller et je ne savais pas si j'aimais les femmes ou les hommes ou même si je pourrais aimer un jour...
« Mesdames, Messieurs, nous arrivons à la gare de Berlin. Veuillez... »
Je déglutis difficilement...
La Vraie Vie Allait Enfin Commencer...
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Bonjour, sa va ?
Alors bonjour et bienvenue à toutes les nouvelles lectrices (L)
J'espère que la fic vous plaira.
Alors ceci n'est pas le premier chapitre, c'est la présentation de Bill, le prochain article sera la présentation de Tom.
Elle est extrêmement longue mais mettre l'histoire du coté de Bill prend vraiment beaucoup de temps.
Merci encore pour vos commentaires.
Je vous aimes fort
Nina.
PS : Je previens tous les peoples ce soir, je suis entre deux cours là -_____________-'
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